Nicolas Sarkozy Defends the Notion of “Positive French Secularism”

French president Nicolas Sarkozy recently defended the notion of “positive secularism” which allows place for religion in the public sphere. While Sarkozy has not introduced any real reform, making the statement in speeches in Rome in December 2007 and in Riyad in January 2008, the suggestion has created fierce debate. In the past Sarkozy has read the 1905 law separating Church and State broadly, notably in allowing the new construction of religious spaces for Muslims and in the controversial creation of the CFCM (French Council of the Muslim Faith) in 2003.

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Abdellah Hammoudi : “Affirming the woman as an autonomous religious subject”

Un entretien avec Abdellah Hammoudi, anthropologue a l’universite de Princeton, par Sylvain Cypel Hormis la d_mographie et les facilit_s de transports, comment expliquer la croissance rapide de la participation au hajj ? Dans le monde musulman, une g_n_ration sort d’_coles plus modernes incluant une instruction religieuse plus pouss_e. De plus, le p_lerinage fait l’objet d’une _mulation. Lorsqu’un musulman visite un Hajj, quelqu’un ayant accompli le p_lerinage, celui-ci lui souhaitera de pouvoir le faire au plus t_t. Il y a trente ans, on ne connaissait pas ce bruissement puissant dans l’opinion, o_ le hajj revient comme un motif fr_quent. Y a-t-il un lien avec la pouss_e de l’islam politique, sous toutes ses formes ? Les deux ph_nom_nes sont concomitants. Mais l’un ne g_n_re pas l’autre. Les deux sont la cons_quence de la pouss_e des classes moyennes dans l’espace musulman. Le hajj _tant une sc_ne m_diatique globale, il est normal que les religieux politis_s qui visent _ “r_islamiser” la soci_t_ y soient tr_s pr_sents. Votre livre d_crit un total don de soi de l’individu et une violence rituelle. Comment s’articule ce double mouvement ? Un des deux _l_ments centraux du hajj, la purification, se manifeste dans le th_me du sacrifice, _ la fois don de soi et s_paration de soi. Il comm_more le geste supr_me de la victime. La violence y est symbolique parce qu’il y a substitution : l’animal remplace le fils, la part la plus ch_re de soi-m_me. Il faut la prendre dans le sens premier de l’expression “se faire violence”. D_sormais, plus de 40 % des participants sont des femmes. Qu’est-ce que cela modifie pour elles dans l’islam ? Il y a l_ une vraie rupture. Il est int_ressant que de plus en plus d’hommes l’acceptent, la souhaitent, m_me. Des p_lerins m’ont dit : “Elle s’est sacrifi_e pour moi, pour _lever nos enfants. L’emmener, c’est ob_ir _ Dieu.” Il faut voir qu’hormis les talibans ou les wahhabites, l’islam radical, sur certains aspects, appara_t plus protecteur du droit des femmes : sur la propri_t_, la part d’h_ritage et m_me l’instruction. Il pousse aussi _ une participation des femmes au hajj. J’y ai constat_ une lib_ration de la parole f_minine. Des femmes discutent entre elles de leurs obligations, mais aussi avec des hommes, d’_gal _ _gal. Au hajj, l’affirmation de la femme comme sujet religieux autonome est devenue _vidente. Vous montrez une emprise _tatique saoudienne forte sur le p_lerinage, et ses limites. Le r_gime s’inqui_te-t-il d’un ph_nom_ne devenu gigantesque ? Sans aucun doute. L’encadrement est si lourd que beaucoup de p_lerins, qui viennent l_ “libres devant Dieu”, se plaignent d’une volont_ de les contr_ler. Les contraintes _conomiques, la machine de propagande du r_gime, le conditionnement au rituel sont per_us comme un d_couragement _ la libert_ de conscience dans le rapport personnel _ Dieu. Cela permet aux “puristes” de l’islam de chercher, par exemple, _ imposer sur place une s_paration entre les sexes. On entend aussi de vives critiques des r_gimes des pays musulmans. Ces ph_nom_nes _chappent au contr_le de l’Etat wahhabite. Riyad mobilise 50 000 policiers pour le hajj. Craint-il des d_bordements ? Evidemment. Le nombre croissant des p_lerins devient quasi ing_rable. De plus, il y a une instabilit_ extr_me dans la r_gion : Irak, Palestine, guerre isra_lienne au Liban, _mergence de l’Iran nucl_aris_ comme porte-voix de la revendication palestinienne, tout cela p_se lourd. Le r_gime sait son contr_le sur les lieux saints contest_s. Les plus radicaux le d_noncent comme “usurpateur”. En plus, la secte wahhabite au pouvoir est contest_e sur le plan religieux en Arabie m_me. Quand on met tous ces _l_ments bout _ bout, on con_oit que le r_gime manifeste une nervosit_ croissante. Propos recueillis par Sylvain Cypel Abdellah Hammoudi est l’auteur d’Une saison _ La Mecque (Paris, Le Seuil, 2005), une _tude ethnologique du hajj contemporain.