Abdellah Hammoudi : “Affirming the woman as an autonomous religious subject”

Un entretien avec Abdellah Hammoudi, anthropologue a l’universite de Princeton, par Sylvain Cypel Hormis la d_mographie et les facilit_s de transports, comment expliquer la croissance rapide de la participation au hajj ? Dans le monde musulman, une g_n_ration sort d’_coles plus modernes incluant une instruction religieuse plus pouss_e. De plus, le p_lerinage fait l’objet d’une _mulation. Lorsqu’un musulman visite un Hajj, quelqu’un ayant accompli le p_lerinage, celui-ci lui souhaitera de pouvoir le faire au plus t_t. Il y a trente ans, on ne connaissait pas ce bruissement puissant dans l’opinion, o_ le hajj revient comme un motif fr_quent. Y a-t-il un lien avec la pouss_e de l’islam politique, sous toutes ses formes ? Les deux ph_nom_nes sont concomitants. Mais l’un ne g_n_re pas l’autre. Les deux sont la cons_quence de la pouss_e des classes moyennes dans l’espace musulman. Le hajj _tant une sc_ne m_diatique globale, il est normal que les religieux politis_s qui visent _ “r_islamiser” la soci_t_ y soient tr_s pr_sents. Votre livre d_crit un total don de soi de l’individu et une violence rituelle. Comment s’articule ce double mouvement ? Un des deux _l_ments centraux du hajj, la purification, se manifeste dans le th_me du sacrifice, _ la fois don de soi et s_paration de soi. Il comm_more le geste supr_me de la victime. La violence y est symbolique parce qu’il y a substitution : l’animal remplace le fils, la part la plus ch_re de soi-m_me. Il faut la prendre dans le sens premier de l’expression “se faire violence”. D_sormais, plus de 40 % des participants sont des femmes. Qu’est-ce que cela modifie pour elles dans l’islam ? Il y a l_ une vraie rupture. Il est int_ressant que de plus en plus d’hommes l’acceptent, la souhaitent, m_me. Des p_lerins m’ont dit : “Elle s’est sacrifi_e pour moi, pour _lever nos enfants. L’emmener, c’est ob_ir _ Dieu.” Il faut voir qu’hormis les talibans ou les wahhabites, l’islam radical, sur certains aspects, appara_t plus protecteur du droit des femmes : sur la propri_t_, la part d’h_ritage et m_me l’instruction. Il pousse aussi _ une participation des femmes au hajj. J’y ai constat_ une lib_ration de la parole f_minine. Des femmes discutent entre elles de leurs obligations, mais aussi avec des hommes, d’_gal _ _gal. Au hajj, l’affirmation de la femme comme sujet religieux autonome est devenue _vidente. Vous montrez une emprise _tatique saoudienne forte sur le p_lerinage, et ses limites. Le r_gime s’inqui_te-t-il d’un ph_nom_ne devenu gigantesque ? Sans aucun doute. L’encadrement est si lourd que beaucoup de p_lerins, qui viennent l_ “libres devant Dieu”, se plaignent d’une volont_ de les contr_ler. Les contraintes _conomiques, la machine de propagande du r_gime, le conditionnement au rituel sont per_us comme un d_couragement _ la libert_ de conscience dans le rapport personnel _ Dieu. Cela permet aux “puristes” de l’islam de chercher, par exemple, _ imposer sur place une s_paration entre les sexes. On entend aussi de vives critiques des r_gimes des pays musulmans. Ces ph_nom_nes _chappent au contr_le de l’Etat wahhabite. Riyad mobilise 50 000 policiers pour le hajj. Craint-il des d_bordements ? Evidemment. Le nombre croissant des p_lerins devient quasi ing_rable. De plus, il y a une instabilit_ extr_me dans la r_gion : Irak, Palestine, guerre isra_lienne au Liban, _mergence de l’Iran nucl_aris_ comme porte-voix de la revendication palestinienne, tout cela p_se lourd. Le r_gime sait son contr_le sur les lieux saints contest_s. Les plus radicaux le d_noncent comme “usurpateur”. En plus, la secte wahhabite au pouvoir est contest_e sur le plan religieux en Arabie m_me. Quand on met tous ces _l_ments bout _ bout, on con_oit que le r_gime manifeste une nervosit_ croissante. Propos recueillis par Sylvain Cypel Abdellah Hammoudi est l’auteur d’Une saison _ La Mecque (Paris, Le Seuil, 2005), une _tude ethnologique du hajj contemporain.

The Message Of Islam Can Be Made Perfectly Clear Without Recourse To Violence

Mahmoud Hussein Ecrivain, essayist. Pseudonym of Adel Rifaat and Bahgat Elnadi, French-Egyptian intellectuals. After the controversial “lesson” of Benedict XVI on Islam at Ratisbonne, the question of the place of speech and of the sword in the propagation of religions is asked more than ever. How does the life of Mohammed make clear for another time the reading of the Quran? Apr_s la ” le_on ” controvers_e de Beno_t XVI sur l’islam, _ Ratisbonne, la question de la place de la parole, de l’exemple et de l’_p_e dans la propagation des religions est plus que jamais pos_e. Ou comment la vie de Mahomet _claire d’un nouveau jour la lecture du Coran… {(continued below in French)} Vous venez de passer dix ans dans l’intimit_ du proph_te de l’islam, pour r_aliser une monumentale synth_se de la S_ra, sa vie d’apr_s les t_moignages de ses compagnons. La phrase du pape citant Manuel II Pal_ologue, selon lequel Mahomet a propag_ sa foi par l’_p_e, rec_le-t-elle une part de v_rit_ ? Si le pape avait dit que ce n’_tait l_ qu’une part de v_rit_, cela n’aurait choqu_ personne, car le Proph_te a propag_ l’islam, selon les circonstances, par la parole, par l’exemple et aussi par l’_p_e. Mais le pape a cit_ une phrase qui r_duit l’islam _ la violence et laiss_ entendre que cette violence lui _tait consubstantielle, parce que la raison lui _tait _trang_re. Cette phrase r_v_le une ignorance des valeurs spirituelles que l’islam a apport_es aux peuples qui l’ont embrass_, comme de la grandeur des si_cles o_ islam a rim_ avec libert_ de conscience, de recherche et d’exp_rimentation scientifique. Pour expliquer l’histoire, il ne sert _ rien de scruter les textes, car ils sont toujours interpr_t_s, dans toutes les religions, en fonction de circonstances historiques concr_tes. La violence des croisades, de l’Inquisition, de la conqu_te des Am_riques, n’est pas inscrite dans les Evangiles, mais elle a eu lieu et elle a _t_ justifi_e par une interpr_tation tendancieuse de ces textes. Que nous dit la S_ra sur la question de la violence en islam ? La S_ra nous permet de plonger dans le contexte historique. A La Mecque, prot_g_ par son clan, Muhammad – Mahomet – a pu propager l’islam par la r_citation du Coran et par la r_ponse aux interrogations qu’il suscitait. Mais au bout de douze ans, sentant sa petite communaut_ menac_e, il a d_ _migrer _ M_dine. L_, il s’est trouv_ directement confront_ _ la logique tribale de l’Arabie du VIIe si_cle, o_ les divergences ne pouvaient _tre r_gl_es que par des compromis ou par la guerre. Le monoth_isme musulman ne pouvant faire l’objet de compromis avec le polyth_isme, la guerre _tait in_vitable. Mais il faut ici rappeler le formidable enjeu de ce combat. Le Proph_te a voulu tirer les Arabes d’un univers born_ par les all_geances claniques et un paganisme sommaire, pour leur offrir de vastes horizons eschatologiques, spirituels et intellectuels totalement inconnus d’eux. Il a _largi leurs perspectives aux dimensions de l’histoire, celle de la Cr_ation, celle de l’humanit_, celle de la continuit_ des religions r_v_l_es. Et il a amen_ chaque homme – et chaque femme – _ se forger une conscience personnelle, par o_ ils devenaient comptables devant Dieu de leurs choix individuels. En quoi la vie de Mahomet _claire-t-elle la lecture du Coran ? Pour de nombreux fid_les, le texte sacr_ est _ prendre en entier, il vient de Dieu, il est ” incr?_ “. C’est une _cole de pens_e parmi d’autres, ce n’est pas la seule. Mais il est vrai qu’elle p_se lourd, aujourd’hui, notamment _ travers le wahhabisme. La S_ra appara_t comme une grille de lecture lib_ratrice _ partir de laquelle le croyant peut r_pondre au wahhabisme. Elle nous montre le Coran en train de se faire, dans le temps. Le Coran a _t_ r_v_l_ _ Muhammad tout au long de vingt-deux ann_es, de 610 _ 632, dans des circonstances changeantes. De tr_s nombreux versets sont litt_ralement descendus du ciel en r_ponse _ des questions pos_es par le Proph_te, _ des attentes exprim_es par ses compagnons. Il est le fruit de ce va-et-vient incessant entre interrogations montant de la terre et prescriptions descendant du ciel. Vous _tes en train de nous dire, au fond, que le Coran n’est pas un ensemble de prescriptions intangibles, immuables, et qu’en lisant la S_ra on trouve une contextualisation du Coran qui devrait _tre poursuivie aujourd’hui ? Exactement. Cette contextualisation permet une lecture vivante du Coran. Prenons un exemple entre tant d’autres de cette imbrication du texte et de la vie. Il concerne l’interdiction du vin. L’alcool obscurcissant l’esprit des croyants, Umar, l’un des principaux lieutenants du Proph_te, lui demande un verset sur la question. Le premier verset se contente de dire que, dans le vin, ” le p_ch_ l’emporte sur les avantages “. Cela ne suffit pas _ dissuader les croyants de boire. Umar revient _ la charge. Un deuxi_me verset ” descend “, interdisant d'” approcher la pri_re en _tat d’ivresse “. Il ne r_gle rien. Umar insiste encore. Le troisi_me verset est d_finitif : le vin est une ” souillure “, au moyen de laquelle ” Satan veut d_tourner le croyant du rappel de Dieu “. Le Coran a d’ailleurs ent_rin_ le principe selon lequel certains versets pouvaient _tre abrog_s par d’autres. Comment ne pas y voir un processus vivant, par o_ la parole de Dieu s’est, en quelque sorte, ” corrig_e ” elle-m_me face _ des attentes humaines ? De nombreux versets ont une port_e g_n_rale, mais d’autres se rapportent _ des cas personnels, _ des probl_mes circonstanciels, ne pouvant en aucune mani_re _tre transpos_s au XXIe si_cle. Par exemple : l’esclavage, le butin de guerre, la mise _ mort des vaincus, la polygamie, les ch_timents corporels, autant de pratiques li_es _ une _poque r_volue. Le Coran marque par l_ que, dans la conscience humaine, l’universel est indissociable du particulier, le g_n_ral impensable hors du circonstanciel. Ce ne peut _tre pour inciter le croyant _ confondre les deux ordres, mais pour l’appeler au contraire, _ chaque _tape, _ faire la part de ce qui concerne pour toujours l’ensemble de l’humanit_ et ce qui, s’adressant en particulier aux Arabes du VIIe si_cle, ne peut plus concerner le XXIe si_cle. Mais ce discours est inaudible pour neuf musulmans sur dix ! Pas si s_r. Ceux qui exigent une lecture litt_raliste du Coran tentent de nous ramener _ une _poque o_, pour un musulman, comme pour un juif ou un chr_tien d’ailleurs, l’univers _tait divinis_ et o_ la vie sur terre n’avait pas de valeur intrins_que, n’_tait qu’un instant suspendu au flanc de l’_ternit_. Dans le village mondial d’aujourd’hui, l’immense majorit_ des gens, y compris en pays d’islam, a d_pass_ cet horizon intellectuel. L’aventure ici-bas compte d_sormais pour elle-m_me. La plupart des _tres humains accordent une valeur essentielle _ leur vie terrestre, _ ce qui peut la rendre plus libre et plus juste, _ la recherche d’une certaine mesure de bonheur. Les musulmans ne font pas exception. Au cours du XXe si_cle, jusqu’aux ann_es 1980, la grande majorit_ des chefs d’Etat musulmans ont souscrit aux exigences de ces donn_es nouvelles. Les Nasser, Bourguiba, Boumedi_ne, Soekarno, Jinah ont s_cularis_ l’espace public, ils ont s_par_ le politique du religieux, la notion de citoyen est venue se superposer _ celle de croyant, la femme a acc_d_ aux charges publiques, _ la vie professionnelle. Les peuples ont commenc_ _ vibrer aux mots d’ordre temporels de la lutte contre l’imp_rialisme, de l’affirmation de l’identit_ nationale, de la lib_ration politique et _conomique. Mais les dirigeants de cette g_n_ration ” s_culi_re ” ont _chou_ _ r_aliser ces buts, laissant des identit_s nationales en berne et des r_ves de renaissance bris_s. C’est dans cette br_che que les int_gristes tentent de s’engouffrer pour ramener la conscience musulmane en arri_re… Et que dire des islamistes les plus violents, qui voudraient refaire le monde _ coups d’attentats aveugles ? Il faut dire et marteler que ces gens contredisent et la lettre et l’esprit de l’enseignement proph_tique. Dans le monde d’aujourd’hui, la parole de l’islam peut parfaitement _tre port_e pacifiquement, sans recours _ la violence
, comme durant la p_riode mecquoise de la vie du Proph_te. D’autre part, de quelle violence parle-t-on ? Lorsque Muhammad s’est battu, ce fut toujours contre des guerriers, des hommes en _ge de se battre. Lancer des bombes ou se faire sauter au milieu d’une foule, tuant aveugl_ment hommes, femmes, enfants de toutes religions, cela va _ l’encontre de l’interdit coranique absolu de tuer des musulmans et _ l’encontre de l’interdit, tout aussi absolu, maintes fois prononc_ par le Proph_te, de tuer des femmes et des enfants, de quelque religion qu’ils soient. Comment lutter contre cette r_gression ? Pour isoler les int_gristes de la masse des musulmans, il faut deux conditions. D’une part, que la politique occidentale, et singuli_rement celle de l’Am_rique, ne vienne pas constamment renforcer les extr_mistes par des initiatives insultant l’islam, exclusivement centr_es sur la lutte antiterroriste, d_connect_e de tout souci de r_tablir des r_gles de droit et d’_quit_ internationales. D’autre part, que les intellectuels musulmans fassent le n_cessaire travail sur eux-m_mes, pour rejeter toute lecture du Coran qui tend _ ramener les consciences _ des temps r_volus. En leur pr_sentant un condens_ enfin accessible de la S_ra, nous ne faisons que rappeler aux musulmans ce devoir auquel le Coran les appelle : lire et m_diter personnellement la parole de Dieu, afin de la comprendre par eux-m_mes et de l’appliquer librement, en fonction des exigences toujours renouvel_es de la vie. Les musulmans, comme tous les _tres humains, sont individuellement et pleinement responsables de leurs choix.

Vingt Mille Musulmans De France S’apprêtent À Partir Pour Le Traditionnel Pèlerinage De La Mecque

By Xavier Ternisien Twenty thousand French Muslims plan to partake in the traditional pilgrimage to Mecca this year. CFCM is sending a delegation to Saudi Arabia to plan the details. {(article continues in French)} A 8 heures par e-mail, recevez la Check-list, votre quotidien du matin. Abonnez-vous au Monde.fr Le Conseil fran_ais du culte musulman (CFCM) a envoy_ une d_l_gation en Arabie saoudite pour aplanir les difficult_s : l’ann_e pass_e, nombre de d_parts avaient d_ _tre annul_s faute de visa. Les d_parts des musulmans de France pour le grand p_lerinage annuel _ La Mecque (Arabie saoudite) ont commenc_ le 24 d_cembre et devraient continuer d_but janvier. Le pic devrait avoir lieu cette semaine. Le temps fort, la f_te de l’A_d el-K_bir (ou A_d el-Adha), aura lieu le 21 janvier, mais de nombreux fid_les partent plus t_t, afin de visiter la ville de M_dine, lieu o_ le proph_te Mahomet est enterr_. En tout, plus de 20 000 p_lerins quittent chaque ann_e le sol fran_ais pour participer au grand p_lerinage, ou hadj. Lors de la derni_re _dition, les partants avaient rencontr_ de tr_s importantes difficult_s pour obtenir leurs visas. Le consulat saoudien ne les avait d_livr_s qu’au compte-gouttes. De nombreux voyageurs l’avaient eu trop tard et avaient _t_ oblig_s d’annuler leur d_part. La situation semble mieux ma_tris_e cette ann_e. “Un syst_me de ticket, qui donne _ chaque groupe un num_ro de passage, a _t_ mis en place, explique Haydar Demiryurek, secr_taire g_n_ral du Conseil fran_ais du culte musulman (CFCM). Ensuite, le d_lai d’attente est d’une semaine apr_s le d_p_t des passeports. Le consulat se montre tr_s compr_hensif.” Absence De R_gulation L’envoi d’une d_l_gation du CFCM en Arabie saoudite, du 28 novembre au 2 d_cembre, a permis d’aplanir un certain nombre de difficult_s. Quatre membres de la commission “p_lerinage” de l’instance repr_sentative du culte musulman ont _t_ re_us par le minist_re du hadj. La d_l_gation _tait conduite par Miloud Benamara, charg_ du p_lerinage _ la Mosqu_e de Paris. De l’avis g_n_ral, l’accueil a _t_ “tr_s chaleureux”. “Les Saoudiens sont tr_s demandeurs d’avoir un interlocuteur, constate M. Demiryurek, qui faisait partie de la d_l_gation. Ils sont confront_s _ des groupes venus de France sans _tre encadr_s par un accompagnateur, et qui sont parfois victimes d’organisateurs malhonn_tes.” Le march_ fran_ais du p_lerinage souffre d’une absence de r_gulation. Ce sont principalement les agences de voyages et quelques grandes associations musulmanes qui vendent les voyages et les s_jours sur place. Certains tirent les prix vers le bas, si bien que le p_lerin a la d_sagr_able surprise de trouver des conditions d’h_bergement d_plorables. Mehdi Berka, responsable de l’agence Meridianis Voyages _ Paris, _value _ 3 000 euros environ le co_t d’un p_lerinage accompli dans des conditions convenables. “La contrainte est de loger _ La Mecque trois millions de personnes dans un espace r_duit pendant le temps du hadj. Tout le monde souhaite loger au plus pr_s de la grande mosqu_e. Celle-ci est entour_e d’h_tels sur une p_riph_rie de plusieurs kilom_tres. La loi saoudienne pr_voit que chaque p_lerin doit b_n_ficier au minimum de 3 m2 d’espace dans son logement. En g_n_ral, les chambres comptent quatre lits. Mais certaines agences passent outre ces r_gles…” Les p_lerins ressortissants d’un Etat musulman sont regroup_s sous un “pavillon” qui d_fend leurs int_r_ts. Tel n’est pas le cas des p_lerins venus de France. Cependant, depuis 2000, le consulat de France _ Djedda ouvre une “antenne consulaire” _ La Mecque pendant toute la dur_e du p_lerinage. De mani_re concr_te, deux fonctionnaires de confession musulmane (la Ville sainte est interdite aux non-musulmans) sont pr_sents dans un grand h_tel. Mais les autorit_s consulaires fran_aises font valoir que les agents de l’Etat ont pour seule fonction de r_soudre les probl_mes de nature administrative, tels que la perte de documents ou le d_c_s d’un ressortissant fran_ais. Ils ne peuvent pas d_fendre les int_r_ts des voyageurs victimes d’un aigrefin. Le CFCM voudrait aller plus loin et _tablir une v_ritable “mission du p_lerinage”, comme cela existe pour d’autres pays. “Au Maroc comme en France, ce sont des agences priv_es qui proposent le p_lerinage, t_moigne M. Berka. Mais l’Etat marocain envoie des d_l_gu_s pour v_rifier que la prestation offerte est bien assur_e. Malheureusement, un tel pouvoir coercitif n’est pas envisageable dans le cas fran_ais. Si bien que les agences font ce qu’elles veulent.” 10 Euros Par P_lerin Le CFCM envisage donc de proposer aux organisateurs qui le souhaitent de verser une taxe de 10 euros par p_lerin. Celle-ci servirait _ financer un service d’accueil des p_lerins fran_ais _ La Mecque, plac_ sous la responsabilit_ du CFCM. En _change, les agences de voyages se verraient d_cerner par l’organe repr_sentatif du culte musulman une sorte de label de qualit_. Le p_lerin serait rassur_ sur la prestation offerte. Ce projet n’a pas encore re_u l’aval du bureau du CFCM. Chaque pays musulman est soumis, par les autorit_s saoudiennes, _ un quota d’un millier de p_lerins pour un million de musulmans. La Tunisie, qui compte 9 millions d’habitants, a pu envoyer cette ann_e 9 000 participants au hadj et la Turquie 7 000 pour 70 millions d’habitants. Avec 20 000 p_lerins, pour une population musulmane _valu_e entre 4 et 5 millions de personnes, les musulmans de France b_n_ficient de l’absence de toute r_gulation.