The Training Of Imams Eludes The Control Of The State

The recent efforts to bring forth an Islam “_ la fran_aise” is running up against resistance from the countries of origin of French Muslim immigrants, anxious to preserve their influence. The training of imams in France would be the key to deveoping an Islam integrated into the Republic; a French Islam. This training remains precarious, not controlled and more and more dispersed. In Lille, the ex-president of the Muslim Federation of France (FNMF), is about to open the Avicenna Institute, for the purpose of training imams. {(continued below in French)} LA FORMATION des imams devait _tre la cl_ de vo_te d’un islam apais_, int_gr_ _ la R_publique, d’un islam fran_ais. Elle reste pr_caire, peu contr_l_e et de plus en plus dispers_e. _ Lille, l’ancien pr_sident de la F_d_ration des musulmans de France (FNMF, proche du Maroc) vient d’ouvrir l’institut Avicenne. Mohammed Bechari a longtemps si_g_ au CFCM o_ on peinait _ le classer. _vinc_ depuis de cette instance, il s’est repli_ sur ce projet d’institut, profitant de ses liens avec les pays du Golfe au sein de la Ligue islamique mondiale pour obtenir un financement. Le Qatar et la Libye ont promis d’assurer les 330 000 euros de fonctionnement annuel de l’institut, sans s’immiscer dans les contenus. La mairie de Lille a fourni le b_timent en plein centre-ville et sign_ un bail emphyt_otique. _ Un coup de pouce de mon amie Mar_tine Aubry qui n’a pas besoin de _cela pour obtenir les voix des musulmans _, assure Mohammed Bechari, qui entretient depuis longtemps des liens avec le PS local. R_alit_s de la soci_t_ occidentale Samedi dernier, une douzaine d’_l_ves ont suivi leur premier cours, surtout des filles voil_es, qui _tudient par ailleurs. _ On cherche _ mieux comprendre l’islam et _ enrichir nos connaissances. On viendra _ l’institut le week-end et le soir _, ont-elles expliqu_. _ moyen terme, _ des cadres religieux _(imams et aum_niers) seront aussi form_s en langue fran_aise, initi_s _ l’_ducation civique et dot_s des outils pour faciliter l’int_gration dans la R_publique la_que fran__aise _, explique Mohammed Bechari, qui entend bien participer _ l’avenir de l’islam de France. Dans une logique plus acad_mique, des universitaires veulent mettre _ profit le concordat pour monter une universit_ priv_e de sciences islamiques _ Strasbourg, autour du sp_cialiste Francis Messner et d’intervenants venus d’universit_s islamiques. Ils se sont r_unis la semaine derni_re pour des journ_es de r_flexion. Le projet d_marre seulement et pourrait incarner un islam plus savant qu’adapt_ aux n_cessit_s des communaut_s. Enfin, _ Lyon, le centre Sh_tib_ fonctionne depuis septembre, mont_ par des disciples des fr_res Ramadan. Il forme des _ cadres _ musulmans, dont beaucoup pourraient _ terme faire office d’imams, dans un islam qui ne fonctionne pas sur le mod_le du clerg_ catholique et autorise le plus savant de l’assembl_e _ _conduire la pri_re. Ces initiatives relancent les craintes de voir importer en _France une formation traditionnelle, parfois fondamentaliste ou imperm_able aux r_alit_s de la _soci_t_ occidentale. Mais surtout marquent l’_chec d’une formation labellis_e que l’_tat appelait de ses voeux. Le Conseil fran_ais du culte musulman (CFCM), cr_e par Nicolas Sarkozy en 2003, devait s’atteler _ ce chantier prioritaire. Mais les pays d’origine ou le mouvement des Fr_res musulmans ne voulaient pas renoncer _ leur _influence, en renon_ant _ envoyer en France leurs imams. De son c_t_, l’administration a bien tent_ d’organiser une fili_re op_rationnelle et transparente, mais sans aller jusqu’au bout, _g_n_e aux entournures par _ le respect de la la_cit_ _. C’est d’ailleurs en son nom que les universitaires de Paris-IV ont refus_ en 2005 d’accueillir des _tudiants religieux dans un cycle profane de connaissance de l’histoire et des institutions fran_aises, faisant capoter les derniers espoirs du minist_re de l’Int_rieur. Pour l’instant, l’immense majorit_ des imams vient de l’_tranger (lire ci-dessous). Et pourtant, la France compte trois centres de formation depuis les ann_es 1990. _ Ces trois centres forment moins d’une dizaine d’imams par an _, estime un conseiller _ l’Int_rieur. Beaucoup d’_tudiants s’inscrivent pour obtenir des papiers et ne terminent pas leur cursus. D’autres dipl_m_s ne parviennent pas _ _vivre de leur minist_re. Face _ ce maelstr_m, les pouvoirs publics ont revu leur strat_gie, en contr_lant les pr_ches a posteriori, dans les mosqu_es. Mais l’enjeu d’un islam _clair_ d_passe largement la question des imams. Chaque ann_e, des dizaines de milliers d’enfants suivent des cours d’arabe ou d’_ducation coranique dans la plus totale opacit_. Par ailleurs, la diffusion d’un islam fran_ais repose aussi largement sur les leaders associatifs, qui discutent au quotidien avec les jeunes. La profusion d’instituts pourrait cr_er des cadres instruits, mais aussi des cadres adeptes d’un islam plus rigoriste que celui qui _tait pratiqu_ par la g_n_ration pr_c_dente.

Culte Musulman: Causes Of The Crisis

Xavier Ternisien explores the reasons for the crises at the Muslim Council of France. He claims that it has made no progress on any of the important issues facing Muslims in France (chaplaincies, construction of mosques, halal meat, foundation for Islam works, organizing the annual pilgrimage) and had no effect on the major issues such as the riots and the caricatures which have affected Muslims in France during recent months. He claims that it is unrepresentative, especially of the second generation, beset by internal dissent, and national logic has overtaken unity. {(continued below in French)} Pire encore, le CFCM a _t_ silencieux sur les _v_nements qui ont affect_ les musulmans au cours des derniers mois. Apr_s la mort de Cha_b Zehaf, un p_re de famille d’origine alg_rienne assassin_ le 4 mars _ Oullins (Rh_ne), c’est le Conseil repr_sentatif des institutions juives de France (CRIF) Rh_ne-Alpes qui a appel_ _ une manifestation “contre le racisme et pour la v_rit_”. Les instances r_gionales et nationales du CFCM _taient aux abonn_s absents. Ultime humiliation : dans l’affaire des caricatures danoises, le CFCM a _t_ incapable de saisir la justice, _ la suite d’une erreur de proc_dure que n’aurait pas commise un avocat d_butant… Toutes les _nergies de l’instance repr_sentative du culte musulman sont d_pens_es dans la gestion de ses querelles intestines. Pour comprendre les blocages actuels, il faut revenir _ la gen_se de cette institution. C’est Jean-Pierre Chev_nement, ministre de l’int_rieur, qui a lanc_ l’initiative d’une consultation sur l’islam de France, en octobre 1999. D_s l’origine, le choix a _t_ fait de prendre en compte toutes les sensibilit_s religieuses, y compris celles consid_r_es comme “fondamentalistes”. C’est ainsi que l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) et le Tabligh ont _t_ invit_s, comme les autres, “_ la table de la R_publique”, pour reprendre une formule de M. Chev_nement. L’Istichara (“la consultation”) comptait donc sept f_d_rations, cinq grandes mosqu_es et six personnalit_s qualifi_es (la plupart proches du soufisme). En r_alit_, il faudrait distinguer trois blocs, motiv_s par des logiques sensiblement diff_rentes. Il y a d’abord un bloc id_ologique, pr_occup_ par la d_fense d’un islam orthodoxe (principalement structur_ autour de l’UOIF) ; puis le bloc des f_d_rations nationales, motiv_ par la d_fense des int_r_ts li_s aux Etats d’origine (Alg_rie, Maroc, Turquie) ; et enfin le groupe des modernistes (parmi lesquels le m_diatique Soheib Bencheikh). Ce dernier ensemble souffre d’un d_ficit d’organisation et d’une tr_s faible repr_sentativit_. Les grands absents sont les musulmans de la deuxi_me g_n_ration, dont beaucoup se reconnaissent dans Tariq Ramadan. Jean-Pierre Chev_nement souhaitait que le conseil repr_sentatif soit constitu_ de “structures plut_t souples, point trop diff_rentes peut-_tre de celles de la F_d_ration protestante”. Ce n’est pas cette voie qui a _t_ finalement suivie par les partenaires musulmans. L’accord-cadre, adopt_ en mai 2001, mettait en place un syst_me de repr_sentation calqu_ peu ou prou sur une logique consistoriale, _ la mani_re de l’organisation du culte juif. La gestion du culte est confi_e _ des responsables la_ques (des notables), gestionnaires de lieux de culte et employeurs du clerg_ (imams et oul_mas). La structure est pyramidale, fond_e sur un syst_me d’_lections _ partir des mosqu_es. Les repr_sentants des lieux de culte _lisent des conseils r_gionaux et le conseil d’administration du CFCM selon un scrutin de liste _ la proportionnelle. La logique est transparente et d_mocratique. Devenu ministre de l’int_rieur en mai 2002, Nicolas Sarkozy va infl_chir cette dynamique, dans un souci d’efficacit_. Il va s’appuyer principalement sur la “bande des quatre” : les quatre grandes f_d_rations que sont l’UOIF, la Mosqu_e de Paris, li_e _ Alger, la F_d_ration nationale des musulmans de France (FNMF), marocaine, et le Comit_ de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF), li_ _ Ankara. Les pr_sidents des f_d_rations _mettent-ils des r_ticences ? Le minist_re prend contact directement avec les ambassades. Cette logique va trouver son aboutissement dans l’accord dit “de Nainville-les-Roches”, par lequel les grandes f_d_rations se r_partissent les postes-cl_s au bureau du CFCM, avant m_me que les _lections aient eu lieu. L’Elys_e a impos_ que Dalil Boubakeur, recteur de la Mosqu_e de Paris, soit le pr_sident de la future instance. Son r_le n’est pas de repr_senter les musulmans, mais de rassurer les Fran_ais non musulmans en leur pr_sentant le visage d’un islam mod_r_. LES LIMITES D’UN COMPROMIS Lors des deux _lections successives – en avril 2003 et en juin 2005 -, les logiques nationales fonctionnent _ plein. Les consulats usent de pressions pour obliger leurs ressortissants _ voter pour des listes _ forte coloration nationale. C’est donc tr_s logiquement la FNMF qui arrive en t_te, les mosqu_es de France _tant majoritairement fr_quent_es par les Marocains, moins nombreux mais plus religieux que les Alg_riens. La FNMF n’en demeure pas moins une coquille vide, un rassemblement h_t_roclite de mosqu_es ind_pendantes, certaines mod_r_es, d’autres fondamentalistes, voire salafistes, n’ayant en commun que l’origine marocaine de leurs dirigeants. Mais le Maroc est content et Dalil Boubakeur a sauv_ sa place de pr_sident. Cette logique aberrante, b_tie sur un compromis et non sur une majorit_, est en train de montrer ses limites. La baudruche FNMF a _clat_. Son pr_sident, Mohamed Bechari, est l_ch_ par Rabat et contest_ par une majorit_ d’_lus FNMF au conseil d’administration du CFCM. Toute sa strat_gie consiste d_sormais _ emp_cher la tenue du conseil d’administration, dans lequel il se sait minoritaire. Il a re_u l’appui inattendu de Dalil Boubakeur et de l’UOIF. Le premier cherche _ affaiblir les Marocains en les divisant. L’UOIF entretient une rancoeur tenace contre Abdellah Boussouf, rival de M. Bechari _ la FNMF. La politique s’en m_le aussi. Dalil Boubakeur, inconditionnel de Jacques Chirac, ne manque pas une occasion de savonner la planche au ministre de l’int_rieur. L’avenir du CFCM est provisoirement suspendu aux d_cisions d’un administrateur provisoire, nomm_ _ la t_te de la FNMF. On est tr_s loin de “l’islam _ la fran_aise” pr_ch_ par les ministres de l’int_rieur successifs. L’organisation du culte musulman en France rappelle _trangement la politique de certains Etats occidentaux dans le monde arabe : soutenir la d_mocratie, _ condition que le r_sultat des urnes corresponde _ leurs voeux.

Le Cfcm Échoue À Résoudre Sa Crise Interne

The Muslim Council has so far failed to resolve its internal crisis over representation. The dispute centers around the representation given to the FNMF (National Federation of French Muslims) which tends to be associated with Moroccans. Currently no solution is available, and Council functions are being delayed, but officialy think it should be resolved soon. {(continued below in French)} Le bureau du Conseil fran_ais du culte musulman (CFCM) a _chou_ jeudi _ r_soudre sa crise interne n_e des divergences au sein d’une de ses composantes, la F_d_ration nationale des musulmans de France (FNMF), ce qui paralyse son action. “Devant la difficult_ de r_unir les membres du CFCM autour d’une solution n_goci_e, le bureau ex_cutif initiera incessamment une r_union de conciliation supervis_e par les d_l_gu_s du bureau du CFCM”, indique un communiqu_ sign_ du pr_sident, Dalil Boubakeur, et d’un vice-pr_sident, Fouad Alaoui. Cette r_union, selon le communiqu_, doit permettre de “d_bloquer la situation entre les parties antagonistes et arr_ter un accord global permettant au CFCM de reprendre normalement sa mission”. La crise r_side dans la repr_sentation de la FNMF (proche du Maroc) dans le bureau du CFCM, plusieurs responsables de cette association contestant le pr_sident, Mohamed Bechari. “Les adversaires de M. Bechari ne sont pas venus jeudi participer _ nos travaux, alors qu’ils _taient invit_s. La r_union de conciliation devrait se tenir bient_t _ la Mosqu_e d’Evry, sa date n’a pas _t_ fix_e”, a d_clar_ _ l’AFP M. Boubakeur, recteur de la Grande Mosqu_e de Paris. “Il y a constat de non-accord, pas de d_saccord. Cette crise paralyse le CFCM, et j’esp_re que nous allons la r_soudre”, a-t-il ajout_, pr_cisant que le conseil d’administration du CFCM pr_vu cette semaine, et auquel devait participer le ministre de l’Int_rieur Nicolas Sarkozy _tait report_. “Nous esp_rons tenir ce conseil le 13 mai”, a-t-il ajout_. Ce conseil devrait notamment ent_riner les choix des aum_niers musulmans des arm_es, des prisons et des h_pitaux. Un “compromis” sur la repr_sentation de la FNMF avait _t_ r_cemment _labor_, avec le concours du minist_re de l’Int_rieur. “Si ce compromis est accept_, et que les probl_mes qui nous bloquaient sont r_solus, nous allons enfin attaquer les probl_mes de fond, comme la formation, l’affaire des caricatures, les questions importantes qui se posent aux musulmans fran_ais”, avait r_cemment soulign_ M. Boubakeur.