Justice For The Mosque Arsonists

They set fire to two places of worship in Annecy in 2004: four young extremists are judged during a week of trials, a first for this type of affair. The trial court at Haute-Savoi is as of this morning trying two veterans, a supporter of PSG, and a chauffeur. They are accused of having burned two mosques on the 5th of March, 2004. They wanted to “affirm a reaction to Muslim expansionism”. This is the first time that a trial court has brought a judgment of “grave degratations, for reasons of religion, leading to personal danger”. {(continued below in French)} La cour d’assises de la Haute-Savoie juge _ partir de ce matin deux anciens militaires, un supporter du PSG, et un chauffeur-livreur. Ils sont accus_s d’avoir incendi_ deux mosqu_es, le 5 mars 2004. Ils voulaient _affirmer une r_action _ l’expansionnisme musulman_. C’est la premi_re fois qu’une cour d’assises est amen_e _ juger des _d_gradations graves du bien d’autrui _ raison de la religion par un moyen dangereux pour les personnes_. Selon une de leurs amies, les quatre hommes _baignaient dans une ambiance raciste_. Ils ressassaient les faits divers impliquant des jeunes d’origine arabe, _num_raient les aides sociales dont b_n_ficiaient les familles. Nicolas Paz (26 ans), videur, appartenait depuis longtemps au mouvement hooligan du PSG. Michel Gu_gan (23 ans), ancien militaire au 27e bataillon de chasseurs alpins d’Annecy, collectionnait les symboles nazis et les photos de tombes juives profan_es. Anthony Savino (21 ans), caporal dans le m_me bataillon, s’est d_fendu d’_tre d’extr_me droite, mais recevait en prison les revues du Front national. Enfin, Damien Gallaud, ancien videur, (23 ans), se serait laiss_ entra_ner par camaraderie. Apr_s avoir pens_ tagger des b_timents ou incendier des kebabs pour s’en prendre _ la communaut_ musulmane, ils auraient arr_t_ leur choix sur l’incendie de deux mosqu_es, un vendredi, jour de la grande pri_re, _ Annecy et ses environs. Quatre _ cinq r_unions ont eu lieu. Puis le caporal a achet_, jeudi 4 mars, deux bidons de p_trole pour po_le, une bouteille d’alcool, un pied-de-biche et une bombe de peinture. Le lendemain soir, ils se sont habill_s de sombre, ont bu quelques verres pour se donner du coeur _ l’ouvrage. Puis se sont s_par_s en deux _quipes, afin d’incendier simultan_ment la mosqu_e kurde de Seynod et celle maghr_bine d’Annecy. Croix celtique. Une serveuse d’un caf_ se souvient des quatre hommes et leur _air de conspirateurs_, juste avant de passer _ l’action. A 2 heures, ils se s_parent. Nicolas Paz, le hooligan, prend sa propre voiture, sans changer les plaques, pour rejoindre la mosqu_e de Seynod. Il se gare tout pr_s et une passante remarque les deux hommes aux cheveux courts dans cette auto aux feux _teints. Paz sort, d_fonce au pied-de-biche la porte du lieu de culte, d_verse au sol le p_trole, et jette une allumette. Damien Gallaud trace en h_te une croix celtique _ c_t_ de la porte, pour signer leur geste, _montrer, dira Paz, que c’_tait l’action de jeunes nationalistes, qu’on ne (les) identifie pas _ des nazis_. La mosqu_e, fra_chement r_nov_e, br_le enti_rement, les d_g_ts s’_l_veront _ 100 000 euros. Paz envoie alors un SMS _ la deuxi_me _quipe : _C’est bon pour vous ?_ A ce moment-l_, le caporal fait le guet, juch_ sur un toit. Ils ont pris un peu de retard. En bas, Michel Gu_gan, cisaille calmement le grillage d’une fen_tre de la chaufferie avec une pince coupante. Soudain, un homme d_tale. Un sans-domicile fixe qui dormait derri_re la mosqu_e, emmitoufl_ sous des tapis de pri_re remis_s l_. Les nazillons partent tr_s vite, sans avoir eu le temps de mettre le feu. Code barre. Les quatre se rejoignent dans une bo_te de nuit, puis Savino et Gu_gan d_cident d’aller terminer le travail _ la mosqu_e d’Annecy vers 5 h 30. Le premier attend dans la voiture, le second vide son bidon de p_trole par une vitre cass_e de la chaufferie. Mais en frottant contre le grillage cisaill_, un morceau d’_tiquette du bidon se d_tache et reste sur le rebord de la fen_tre. Les enqu_teurs retrouveront un bout de code barre avec 8 chiffres sur 13, qui leur sera utile plus tard. Gu_gan ne s’en rend pas compte. Il jette un journal enflamm_, et file. Ayant d_plac_ la voiture, Savino erre un moment dans le quartier, appelle son copain plusieurs fois. Puis envoie alors un texto aux autres : _Mission accomplie._ La chaudi_re _ gaz n’explose pas, ce qui limitera les d_g_ts _ 17 000 euros. Les nazillons ont truff_ leurs exp_ditions d’indices. Toute la nuit, ils ont _chang_ de multiples coups de fils et textos _ c_t_ des deux mosqu_es. Nicolas Paz s’est en outre vant_ de ses exploits, les racontant en direct, par SMS, _ deux de ses ma_tresses et _ un autre caporal des chasseurs alpins, qui avait refus_ de les accompagner. Ces trois personnes se retrouvent du coup devant la cour d’assises, pour non-d_nonciation de crime. Malgr_ leurs maladresses, les jeunes fachos _chappent durant onze mois aux enqu_teurs. En novembre 2004, un habitant du centre d’Annecy appelle la police. Des chants nazis s’_chappent d’un studio situ_ en rez-de-chauss_e, pr_s de chez lui, _ c_t_ du lac d’Annecy. Michel Gu_gan est identifi_. Les enqu_teurs _pluchent ses appels de la nuit du 4 au 5 mars 2004. Ils arr_tent toute la bande le 8 f_vrier 2005. Seul Anthony Savino nie un peu au d_part. Mais il a achet_ les produits par carte Bleue. Et le code barre retrouv_ correspond bien _ un bidon de p_trole achet_ ce jour-l_. Nicolas Paz revendique ses actes. Il fustige l’islam, _religion de fanatiques et de barbares_. Mais _crira plus tard _ Nicolas Sarkozy, pour s’excuser, et proposer des informations sur les milieux d’extr_me droite. Outre les hooligans du PSG, il a fr_quent_ une obscure _L_gion Athena_, groupe qui organisait des incendies et ratonnades. Abandons. La justice a choisi de consacrer une semaine _ ce proc_s, ce qui permettra d’approfondir le parcours de ces pieds nickel_s. Les expertises psychiatriques dressent le portrait de jeunes gens tentant de r_soudre dans le nationalisme de s_rieux probl_mes identitaires. Tous souffriraient de v_cus abandonniques. La m_re du caporal s’est suicid_e quand il avait 5 ans. Celle de Paz _tait d_pressive et suicidaire, ce qui fait qu’il a _t_ _lev_ par ses grands-parents, racistes. Le p_re de Gallaud a disparu apr_s un divorce. Et Gu_gan, l’ex-militaire, a _t_ abandonn_ _ la naissance. A 12 ans, il dessinait des croix gamm_es. Adulte, il faisait le salut nazi en entrant dans les kebabs. Il s’_tait invent_ une m_re _remari_e avec un Arabe_. Et un p_re id_al, officier de la Luftwaffe durant la Seconde Guerre mondiale.