Evacuated Muslims In Noisy-Le-Grand Are Praying On The Lawn

By Xavier Ternisien NOISY-LE-GRAND – In compliance with court ruling, the police evacuated Muslims from a company’s building. The more than 10 thousand Muslims, about one-sixth of the town’s total population, have tried several times before to purchase an adequate site of worship, but the municipality has thwarted their attempts so far. A group of Muslims will continue to hold outdoor prayers, in all weather, as a sign of protest. {(continued below in French)} La police, qui a proc_d_ _ l’_vacuation, n’a fait qu’appliquer une d_cision du tribunal de Bobigny, rendue le 10 octobre 2002, confirm_e par la cour d’appel de Paris le 11 mars 2004. Le propri_taire de l’immeuble, l’entreprise de HLM Logirep, souhaitait en effet r_cup_rer le local. Le probl_me est qu’il n’existe pas d’autre lieu de culte musulman _ Noisy-le-Grand, une ville qui compterait pourtant, selon les estimations courantes, pr_s de 10 000 musulmans sur un total de 60 000 habitants. Chaque vendredi, 400 personnes se pressaient pour la pri_re dans la mosqu_e El-Taqwa de l’all_e du Fort. Les plus _g_s parmi les responsables du lieu de culte sont rentr_s au “bled” pour les vacances. Il ne reste sur place que quelques jeunes, qui continuent de se rassembler sur des tapis dispos_s sur l’herbe, au pied des immeubles, devant le local cadenass_. Certains lisent le Coran en se balan_ant de droite _ gauche, d’autres prennent le th_ _ la menthe en attendant l’heure de la pri_re. “Le tribunal a tranch_, nous ne revenons pas sur une d_cision de justice, d_clare l’un d’eux, M. Ibn Belkacem (il ne souhaite pas donner son pr_nom), _g_ de 30 ans. D’ailleurs, nous avons quitt_ les lieux sans faire de casse.” Les fid_les admettent que la pr_sence du lieu de culte occasionnait des nuisances pour les riverains. Les voitures encombraient les parkings au pied des immeubles. Mais selon eux, le local _tait utilis_ comme mosqu_e depuis le d_but des ann_es 1980. “Il n’y avait pas de contrat de location. L’accord _tait plus oral qu’_crit”, croit savoir M. Ibn Belkacem. “DES SALAFISTES” Aujourd’hui, les musulmans qui fr_quentaient la mosqu_e El-Taqwa accusent la municipalit_ de faire obstacle _ toutes leurs tentatives d’acquisition d’un lieu de culte. “A plusieurs reprises, nous avons trouv_ des locaux _ Noisy, raconte M. Ibn Belkacem. D’abord dans la zone industrielle, mais la Ville a fait pr_emption. Ensuite, dans le quartier du Pav_-Neuf. Mais la mairie a fait pression sur le syndic, qui a refus_ de nous vendre le local. Dans n’importe quelle ville de Seine-Saint-Denis, il y a au moins deux mosqu_es…” “Nous ne sommes pas hostiles _ ce qu’ils aient un lieu de culte s’ils ont les moyens de le financer”, se d_fend le maire (PS) de Noisy, Michel Pajon. Il _met cependant quelques r_serves : “Pas sur une zone industrielle, je n’y suis pas favorable ! C’est le meilleur moyen de la couler ! Pas dans un local commercial, ce ne serait pas adapt_. S’ils trouvent un pavillon bien adapt_, on leur mettra pas de b_ton dans les roues.” Les musulmans de Noisy-le-Grand paraissent relativement isol_s. L’Union des associations musulmanes du 93 affirme ne pas avoir de contacts avec eux. “Ce sont des salafistes”, avance son vice-pr_sident, Mustapha Cista. Il est vrai que les jeunes install_s sur le gazon de l’all_e du Fort ont un “look” typ_ : cr_ne ras_, barbe longue, djellaba blanche. Eux d_mentent appartenir _ un courant id_ologique particulier : “Nous suivons la voie de l’islam, tout simplement. Demandez aux salafistes ou au (mouvement) Tabligh : ils ne se reconnaissent pas dans notre islam.” Ils sont r_solus _ continuer de prier dehors – y compris sous les orages – tant qu’ils n’auront pas obtenu satisfaction.