Islam In Provence’s Landscape

MARSEILLE – Following years of governmental delays, hesitation, and division within the Muslim community, the building project for the Grand Mosque of Marseille was given the go-ahead on 17 July. It is perhaps the most symbolic among a number of current construction projects in the region, which will provide the resident Muslim community with new places of worship, libraries, art and educational centres. The other religious communities in Provence expressed their strong support for these projects. {(continued below in French)} Port_s par le dossier symbolique de la grande mosqu_e de Marseille, les projets foisonnent dans la r_gion. Apr_s un si_cle d’h_sitations, Marseille aura sa grande mosqu_e. Lundi 17 juillet, le conseil municipal a vot_ _ la quasi-unanimit_ la signature d’un bail emphyt_otique de 99 ans, c_dant _ l’association La Grande Mosqu_e de Marseille un terrain de 8 600 m2 dans le 15e arrondissement. _ C’est un moment historique et un symbole de reconnaissance pour les 150 000 _ 200 000 musulmans de Marseille _, s’est r_joui, _mu, Nourredine Cheikh, pr_sident de l’association. Plus qu’un simple b_timent, ce projet constitue le symbole du rattrapage dans lequel s’engage la r_gion Provence-Alpes-C_te d’Azur, o_ les musulmans doivent se contenter de 293 lieux de pri_re am_nag_s dans des foyers de la Sonacotra, des appartements et des caves… Des lieux trop exigus pour recevoir les fid_les dans des conditions d_centes. Six projets vont aboutir dans les ann_es _ venir, _ commencer par la grande mosqu_e de La Seyne-sur-Mer (Var) dont la premi_re pierre a _t_ pos_e il y a deux mois. Le projet comprend un lieu de culte de 400 m2, un centre culturel, des salles de conf_rences et une biblioth_que. _ Un lieu de rencontre et d’_change avec les citoyens de toutes confessions _, pr_cise Abderazak Bouaziz, pr_sident de l’association cultuelle et culturelle de La Seyne-sur-Mer. “Pendant des ann_es, la r_gion a accus_ un retard” _ Toulon, deux nouvelles salles de pri_re de proximit_ verront le jour, tandis que le conseil municipal de La Ciotat votera en septembre la proposition de construction d’une mosqu_e de proximit_ sur le terrain o_ les fid_les prient depuis seize ans, dans des bungalows de chantier anonymes. Comment expliquer une telle profusion ? _ Pendant des ann_es, la r_gion a accus_ un retard, car la communaut_ musulmane _tait divis_e _, explique l’imam Abderrahmane Ghoul, porte-parole du Conseil r_gional du culte musulman (CRCM) en Paca. Depuis juin 2005, cet imam, affili_ _ la Grande Mosqu_e de Paris, a f_d_r_ les diff_rentes tendances de la r_gion et chapeaute les n_gociations entre les associations et les mairies. _ Auparavant, nous _tions confront_s _ de multiples associations, toutes revendiquant un projet diff_rent. Le CRCM a permis d’avoir un interlocuteur identifi_ et l_gitime _, explique Arthur Paecht, maire de La Seyne-sur-Mer. Les _lus sont r_alistes : les musulmans y repr_sentent entre 8 % _ 12 % de la population. _ Les musulmans de France sont des Fran_ais musulmans. Ils sont dans la R_publique et non pas _ c_t_. Nous devons r_pondre _ leur droit de pratiquer leur culte dans un endroit digne _, affirme David Lisnard, adjoint au maire charg_ des affaires cultuelles de Cannes, dont le conseil municipal votera lundi la cession d’un terrain de 1 900 m2 pour construire une mosqu_e de proximit_, rempla_ant la tente o_ 200 personnes prient depuis un an et demi, apr_s la fermeture de la salle du foyer Sonacotra pour des raisons de s_curit_. “La religion musulmane sur la voie de la reconnaissance” Pragmatique, Michel Caillat, maire d’Istres, estime que la construction de lieux de culte pour les musulmans r_pond aussi _ un objectif de transparence : _ Mieux vaut un lieu digne identifi_ et officiel que des endroits douteux dans lesquels risquent de se d_velopper des discours radicaux. _ Pionni_res, les municipalit_s d’Istres et d’Aubagne ont donn_ leur feu vert d_s 2000. _ Aubagne, la blancheur de la mosqu_e de 500 m2 tranche avec les b_timents de la zone commerciale. Stucs et d_corations florales recouvrent les murs de la salle de pri_re des hommes, tandis qu’_ l’entr_e, des cartons de carrelage s’entassent. _ Nous esp_rons avoir termin_ les travaux pour la fin du Ramadan en novembre _, explique Hafidikaddour Hafidi, pr_sident de l’association Dar-Es-Salam, qui a financ_ l’achat du terrain et les travaux gr_ce aux 380 000 _ de dons des fid_les. En attendant la fin du chantier, planches et pots de peinture jonchent le sol, mais peu importe : ici, les fid_les se sentent chez eux. _ La religion musulmane est sur la voie de la reconnaissance _, se f_licite, Si-Mohamed, qui, _ 19 ans, se sent enfin _ consid_r_ comme un Fran_ais musulman _. Les mentalit_s ont _volu_. _ travers l’_dification de lieux de culte officiels, les associations musulmanes n’aspirent qu’_ une chose : faire d_couvrir un islam mod_r_ et effacer des esprits l’amalgame _ islam = terrorisme _. Cette image engendre encore des craintes, comme _ Nice (Alpes-Maritimes), o_ l’association Moubarak et la mairie se livrent _ un bras de fer depuis des mois. “Du racisme et de la discrimination!” En novembre 2005, le maire, Jacques Peyrat, avait d_clar_ : _ Ce n’est pas le moment, face aux violences urbaines et _ la mont_e de l’islam radical, d’installer en plein c_ur de Nice une terre d’islam. _ _ Depuis, _ chaque fois que nous avons souhait_ acqu_rir un lieu en centre-ville, la mairie a us_ de son droit de pr_emption. C’est du racisme et de la discrimination ! _, s’emporte Abdelhamid Razzouk, pr_sident de l’association. Contact_, le maire de Nice a refus_ de s’exprimer sur ce sujet. Depuis, un groupe de travail a _t_ cr?_ en partenariat avec le CRCM. _ Nous avons obtenu un permis de construction pour am_nager une salle de pri_re de 1 000 m2 et remettre _ niveau la vingtaine de salles de pri_res existantes _, dit Otman A_ssaoui, d_l_gu_ d_partemental du CRCM. Les musulmans plaident pour la transparence. Les mosqu_es d’Istres, Aubagne, Marseille et La Seyne-sur-Mer comprendront des espaces culturels ouverts aux non-musulmans, tandis que la mosqu_e d’Istres sera ouverte aux visites scolaires. _ Nous voulons partager notre culture afin qu’elle ne soit pas entach_e d’obscurantisme, c’est le seul moyen de dissiper les craintes _, assure l’imam istr_en Boujeema Imaghri. L’architecture ultra-contemporaine de sa mosqu_e r_sume l’ambition de toute une communaut_ : se fondre dans le paysage. Corinne BOYER, _ Marseille Des projets soutenus par les autres religions Conform_ment _ leur longue tradition d’entente interreligieuse, les diff_rentes communaut_s de Marseille ont toutes apport_ leur soutien au projet de grande mosqu_e. Dans le Var, le service de relation avec l’islam du dioc_se de Toulon a m_me jou_ les m_diateurs aupr_s des pouvoirs publics. _Nous avons rencontr_ les _lus du quartier Pontcarral afin d’offrir des cl_s de discernement et d’_viter les amalgames dans une r_gion marqu_e par un fort vote en faveur du Front national_, explique Gilles Rebeche, diacre du dioc_se de Toulon pour qui l’_glise catholique constitue une _ autorit_ morale reconnue dans la pratique de la la_cit_.